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Reportages 80e anniversaire de la libération des camps

80e anniversaire de la libération des camps : mémoire et transmission

L'année 2025 marque le 80e anniversaire de la libération des camps nazis. À cette occasion, de nombreuses manifestations sont organisées pour honorer la mémoire des déportés, transmettre leur histoire et rappeler l'impor

Cette page est dédiée au suivi des événements organisés en Isère et ailleurs : conférences, expositions, spectacles, projections et cérémonies commémoratives. Vous y trouverez des reportages, des témoignages, des photographies et des récits pour revivre ces moments de recueillement.

20 Mars 2025

Conférences de Gil Emprin - De la découverte à la libération des camps

Le jeudi 21 mars 2025, la salle Rozat de Saint-Ismier a accueilli une conférence exceptionnelle de l'historien Gil Emprin, organisée en partenariat avec la Communauté de Communes du Grésivaudan.

Un immense merci à la Communauté de Communes du Grésivaudan, à son président Henri Baile et à Séverine Vivier, cheffe de cabinet, pour leur soutien indéfectible. Grâce à leur engagement, une première conférence s'est déroulée dans l'après-midi au lycée horticole de Saint-Ismier, permettant à 250 collégiens et lycéens du Grésivaudan de découvrir et d'échanger sur cette période cruciale de notre histoire.

Nous souhaitons également exprimer notre profonde gratitude aux entreprises qui ont contribué financièrement à l'organisation de ces deux conférences : le Crédit Agricole de Sassenage, ENERALPES, ACE Emploi, CDI Flex et PROdefi. Leur soutien a été essentiel pour permettre la tenue de ces événements et assurer une large diffusion de cette mémoire historique. Ces aides précieuses permettent à l'UNADIF 38 de prolonger et d'amplifier son devoir de mémoire, en multipliant les actions de sensibilisation et en touchant un public toujours plus large.

Vincent Malerba*, ancien déporté des camps de Buchenwald et Dora, a honoré l'assemblée de sa présence. Âgé de 100 ans, il est aujourd'hui le dernier survivant de la déportation en Isère. Son regard et sa présence ont constitué un moment inestimable de transmission et de réflexion. Son histoire rappelle avec force que la mémoire n'est pas une abstraction : elle est faite de vies brisées, de souffrances endurées et d'une résilience extraordinaire.

Jean-Paul Blanc, président de l'UNADIF 38, n'a pas pu participer à cette conférence, étant empêché pour des raisons médicales. C'est Jacques Malerba, du bureau de l'UNADIF 38, qui a présenté la soirée et la conférence après l'introduction de Henri Baile, le président de la Communauté de Communes du Grésivaudan. 

En soirée, la conférence s'est tenue en présence des élus du territoire, des représentants des partenaires et des nombreuses entreprises du Grésivaudan. Jean-Pierre Celse, président de l'association du 11 novembre 1943, était également présent pour cette soirée mémorable.

Ce fut un moment de réflexion collective autour de l'histoire, de sa compréhension et des leçons à en tirer. La conférence portait sur le thème : "De la découverte à la libération des camps et le retour des déportés dans leurs familles". Comme l'a rappelé Gil Emprin, la mémoire ne doit pas être un simple regard tourné vers le passé, mais un levier puissant pour construire un avenir plus juste et plus humain.

Un moment particulièrement fort en émotion a eu lieu lorsque Gil Emprin a spontanément questionné Vincent Malerba en lui demandant s'il se souvenait de son numéro matricule (le déporté n'avait plus de nom, mais un numéro d'identification). Les nazis attribuaient ces numéros aux détenus, leur ôtant ainsi leur humanité et leur identité pour les réduire à une simple suite de chiffres (des 'stück' (des pièces). Sans aucune hésitation et avec une force impressionnante, Vincent Malerba a récité son numéro matricule en allemand. Une intense émotion a envahi la salle et a profondément touché le conférencier lui-même. Ce moment puissant a rappelé que, 80 ans après, l'horreur de la déportation ne s'est pas effacée et reste gravée dans les mémoires.

Sur les murs de la salle, des dessins étaient accrochés, illustrant la vie dans le camp de Dachau. Ces dessins ont une histoire poignante : ils ont été confiés à Jean-Paul Blanc, président de l'UNADIF 38, par Alain Vallon, fils de Robert Vallon, ancien déporté à Dachau. Ces dessins sont régulièrement présentés à Grenoble, dans toute l’agglomération et dans de nombreux établissements scolaires du département.

Pour information, l'exposition complète des 18 dessins sera visible à la médiathèque de Crolles du 1er au 12 avril 2025.

Gil Emprin, historien et spécialiste reconnu de la Seconde Guerre mondiale et de la déportation, a su captiver l'assemblée par ses analyses précises et sa profonde humanité. Son engagement en faveur du devoir de mémoire fait de lui un acteur incontournable de cette mission essentielle : transmettre, expliquer et faire comprendre les mécanismes ayant conduit à de telles tragédies.

À l'occasion du 80 anniversaire de la libération des camps, l'UNADIF 38 propose d'autres événements dans l'agglomération, notamment des concerts de chants interprétés dans les camps ainsi que l'opérette de Germaine Tillion. Vous pouvez retrouver l’ensemble de ces manifestations sur notre site internet : www.unadif38.fr. Nus vous proposons des billets gratuits pour accéder à ces énénements.

Cette soirée fut un moment fort, marqué par l'émotion et la volonté de perpétuer la mémoire des victimes de la barbarie nazie.

Plus qu'une simple conférence elle nous a rappelé la nécessité impérieuse de rester vigilants et engagés pour la transmission de cette histoire aux générations futures.

*MALERBA Vincent KLB 40250

Né le 7 janvier 1925 à Grenoble dans le département de l’Isère, il est soudeur sur métaux. Le 11 novembre 1943 à Grenoble, il participe à la manifestation patriotique organisée par la Résistance devant le monuments des Diables bleus. Une foule considérable est venue commémorer l’armistice de la Grande guerre de 14-18. Encerclée par les troupes allemandes plus de 1500 personnes sont arrêtées. Seuls les hommes arrêtés, âgés de plus de 16 ans, sont retenus et dirigés vers la caserne Bonne. Le 14, il est interné au camp de Royallieu à Compiègne (60). Déporté le 17 janvier à Buchenwald qu’il atteint le 19 où il reçoit le matricule 40250. Il effectue sa période de quarantaine au Block 62 du Petit camp. Le 11 février, il est transféré au Kommando de Dora où il est affecté en qualité de soudeur à une chaîne de montage des fusées V2. Le complexe de Mittelbau-Dora est évacué les 4 et 5 avril 1945. Il est incorporé le 5 dans un convoi d’évacuation qui rejoint le camp de Ravensbrück le 14. Nouvelle évacuation le 24 en direction de la Baltique. Il est libéré le 1er mai par l’Armée rouge et regagne la France le 16.

Vincent MALERBA est Chevalier de la Légion d’honneur.

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